SpaceX veut contourner les opérateurs américains
Elon Musk n'a plus besoin des géants des télécoms. SpaceX remet en question le discours d'AT&T, T-Mobile et Verizon sur la connectivité satellite.
Elon Musk n'aime pas qu'on lui dise ce qu'il peut ou ne peut pas faire. SpaceX vient de démontrer que les arguments des géants américains des télécoms ne tiennent pas la route. AT&T, T-Mobile et Verizon répètent depuis des mois que la connectivité satellite directe pose des problèmes techniques majeurs. Mais voilà que l'entreprise d'Elon Musk semble prête à les ignorer complètement.
La bataille des fréquences fait rage
Les trois mastodontes américains martèlent le même message depuis le lancement du projet Starlink Direct to Cell. Selon eux, les satellites de SpaceX créeraient des interférences avec leurs réseaux terrestres existants. Une position qui arrange bien leurs affaires (on se demande pourquoi). Ces opérateurs investissent des milliards dans leurs infrastructures 5G et ne voient pas d'un bon œil l'arrivée d'un concurrent venu de l'espace.
Sauf que SpaceX ne semble pas impressionnée par ces arguments. L'entreprise dispose déjà d'un partenariat avec T-Mobile pour tester sa technologie satellite, mais rien n'empêche Musk de voler de ses propres ailes. Et si on connaît le personnage, il n'hésitera pas une seconde à couper les ponts si ça l'arrange.
Lire aussi : T-Mobile mise 700€ sur votre ras-le-bol d'AT&T
Pourquoi Musk pourrait tout changer
Imaginez un instant : votre smartphone connecté directement aux satellites Starlink sans passer par les antennes des opérateurs traditionnels. Plus de zones blanches, plus de factures salées, plus de contrats leonins. Est-ce que ça vous ferait rêver ? Musk y travaille activement et les premiers tests sont prometteurs.
Bon, on ne va pas se mentir, la technologie n'est pas encore au point pour remplacer complètement la 4G ou la 5G. Les débits restent limités et la latence pose encore problème pour certains usages. Mais pour les messages, les appels d'urgence et même la navigation basique, Starlink Direct to Cell fait déjà des merveilles.
Et puis il y a l'aspect économique. Les opérateurs américains pratiquent des tarifs que nous, Européens, avons du mal à comprendre. Comptez facilement 60 à 80 euros par mois pour un forfait mobile correct outre-Atlantique. SpaceX pourrait casser ces prix en proposant une alternative directe.
Lire aussi : T-Mobile lance la traduction instantanée sans app dédiée
Les opérateurs dans tous leurs états
Verizon et AT&T multiplient les recours auprès de la FCC pour freiner les ambitions de Musk. Ils brandissent des études techniques pointant les risques d'interférences, mais leurs arguments sonnent de plus en plus creux. SpaceX a déjà prouvé qu'elle savait gérer les fréquences avec ses milliers de satellites en orbite.
Mais le plus gros problème pour ces géants, c'est que Musk n'a pas vraiment besoin d'eux. Il peut très bien développer son propre réseau de distribution, ses propres terminaux et même ses propres forfaits. Qui l'en empêcherait ?
Lire aussi : Pourquoi les clients boudent le service satellite de T-Mobile
La vraie question, c'est de savoir si les régulateurs américains laisseront faire. Parce que bouleverser un marché pesant plusieurs centaines de milliards de dollars, ça ne se fait pas sans remous. Les lobbys des télécoms ont les dents longues et les poches profondes.