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Samsung Health veut vos données de santé ou efface tout

Samsung impose un choix brutal à ses utilisateurs : accepter que vos données de santé servent à entraîner son IA, ou perdre définitivement tout l'historique synchronisé.

Lucas Martin 1 min de lecture
Samsung Health veut vos données de santé ou efface tout

Un consentement, c'est censé être un choix libre. Visiblement, Samsung a une définition un peu différente du concept. La firme coréenne vient de déployer un nouveau toggle dans Samsung Health qui place les utilisateurs face à une alternative pour le moins musclée : autoriser l'application à exploiter vos données de santé pour entraîner ses modèles d'IA, ou voir l'intégralité de votre historique synchronisé disparaître. Définitivement.

Un choix qui n'en est pas vraiment un

Le principe du consentement éclairé, c'est de pouvoir dire non sans subir de conséquences. Là, Samsung joue une autre partition. Si vous refusez de partager vos données avec la machine, l'application supprime tout ce qui était stocké côté cloud : activités, sommeil, fréquence cardiaque, cycles, et tout le reste. Des mois, parfois des années de suivi qui s'évaporent d'un coup. (Je ne sais pas vous, mais personnellement, j'aurais du mal à appeler ça un vrai choix.)

Ce qui rend la situation encore plus inconfortable, c'est la nature des données en question. On ne parle pas de vos playlists ou de votre historique de navigation. On parle de données de santé : rythme cardiaque, poids, pression artérielle, qualité du sommeil, voire des informations sur la santé reproductive pour les utilisatrices qui suivent leur cycle. Des données par définition sensibles, que la plupart des législations européennes classent dans une catégorie à part, justement parce qu'elles méritent une protection renforcée.

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L'IA au cœur de la stratégie Samsung, quoi qu'il en coûte

Bon, soyons honnêtes : Samsung n'est pas la seule entreprise à vouloir nourrir ses algorithmes avec des données utilisateurs. Tout le secteur tech fait la même chose, souvent de façon bien moins transparente. La différence ici, c'est la méthode. Brandir la suppression des données comme conséquence d'un refus, c'est une forme de pression qui a un nom en droit : le consentement contraint. Et dans le cadre du RGPD européen, c'est une zone particulièrement glissante.

L'entreprise mise tout sur Galaxy AI et sur l'intégration de l'intelligence artificielle dans ses appareils et services. Les Galaxy S25, les Galaxy Z Fold 6 et Z Flip 6, la montre Galaxy Watch 7... tous ces produits embarquent des fonctions IA qui nécessitent des données pour s'améliorer. La logique commerciale est là. Mais elle ne justifie pas tout.

Ce que dit (et ne dit pas) Samsung

La communication officielle de Samsung sur ce point reste floue. On sait que le toggle existe, on sait que le refus entraîne la suppression des données cloud, mais les détails sur la façon dont ces données sont réellement utilisées, anonymisées ou partagées avec des tiers restent dans le brouillard. Ce manque de clarté est précisément ce qui agace le plus dans cette histoire. Pas forcément l'idée d'améliorer une IA avec des données agrégées, mais l'opacité totale sur les conditions réelles de ce partage.

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Et les utilisateurs européens ont théoriquement des droits dans cette situation. Le RGPD impose que le consentement soit libre, spécifique, éclairé et univoque. Conditionner l'accès à ses propres données à un accord pour leur exploitation commerciale, c'est exactement le genre de pratique que le règlement est censé encadrer. Des autorités de protection des données comme la CNIL en France pourraient très bien s'y intéresser.

Que faire si vous êtes concerné ?

Si vous utilisez Samsung Health et que vous avez reçu cette notification, la première chose à faire avant de toucher quoi que ce soit : exportez vos données. L'application permet de le faire au format JSON ou CSV, ce qui vous laisse au moins une copie locale de votre historique. Ce n'est pas idéal, mais c'est mieux que de tout perdre d'un coup.

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La vraie question, au fond, c'est celle-ci : jusqu'où sommes-nous prêts à aller pour garder accès à nos propres informations de santé ? Samsung vient de tester la limite. La réponse des utilisateurs, et peut-être des régulateurs, dira si l'entreprise est allée trop loin.

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