Samsung prépare une puce IA secrète pour refroidir ses Exynos
L'équipe Exynos de Samsung travaillerait sur une puce IA dédiée aux laptops, et ses implications pour les smartphones pourraient enfin régler les problèmes de chauffe chroniques.
On a tous vécu ça. Un Samsung Galaxy sous Exynos qui chauffe après dix minutes de navigation, la batterie qui fond à vue d'œil, et cette impression tenace d'avoir tiré le mauvais numéro face aux versions Snapdragon vendues sur d'autres marchés. Eh bien, il semblerait que Samsung ait finalement entendu les plaintes.
Une puce venue d'ailleurs, mais qui change tout
L'équipe en charge des puces Exynos chez Samsung travaillerait en ce moment sur un processeur IA dédié, initialement conçu pour équiper des laptops. Ce n'est pas un simple coup de marketing. Ce composant serait une unité de traitement neuronal autonome, capable de gérer les tâches d'intelligence artificielle sans solliciter en permanence le CPU ou le GPU. Et c'est exactement là que ça devient intéressant pour les smartphones.
Bon, pourquoi parler d'un chip pour ordinateurs portables sur un site dédié aux mobiles ? Parce que les architectures voyagent. Ce que Samsung expérimente sur laptop finit souvent, après quelques cycles de développement, dans ses SoC mobiles. C'est une manière classique de tester la maturité d'une technologie avant de la miniaturiser davantage et de l'intégrer dans un form factor encore plus contraint.
Le vrai problème des Exynos, enfin pris au sérieux
Les puces Exynos souffrent depuis des années d'une réputation tenace sur deux points précis : la gestion thermique et l'autonomie. Quand un Galaxy S23 sous Exynos 2200 chauffe plus vite et tient moins longtemps qu'un Galaxy S23 sous Snapdragon 8 Gen 2, le problème n'est pas anodin. (Et ça, les utilisateurs européens le savent très bien, puisqu'ils ont longtemps été les premiers concernés.)
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Le cœur du problème, c'est que l'IA embarquée sur les Exynos récents mobilise des ressources partagées avec le reste de la puce. Résultat : tout le SoC monte en température ensemble, la dissipation devient difficile dans un chassis aussi fin qu'un smartphone, et l'autonomie trinque. Une NPU indépendante et efficace changerait directement cette équation.
Et c'est précisément ce que le projet en cours semble viser. En isolant les calculs d'IA dans un bloc dédié, Samsung pourrait laisser le CPU et le GPU opérer à des fréquences plus raisonnables pendant les tâches courantes. Moins de charge simultanée, moins de chaleur produite, batterie qui respire.
Qu'est-ce que ça signifie concrètement pour les prochains Galaxy ?
Difficile d'y aller trop fort sur les projections, mais la logique de développement de Samsung suggère qu'une telle architecture pourrait apparaître dans un Exynos de nouvelle génération d'ici 2026. Le Galaxy S26 ou S27 serait alors le premier mobile à en bénéficier directement, si le calendrier tient.
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Ce qui est plus intéressant encore, c'est la cohérence avec la stratégie Galaxy AI que Samsung pousse depuis le Galaxy S24. Toutes ces fonctionnalités d'IA, traduction en temps réel, résumé automatique, retouche photo intelligente, elles ont besoin de ressources. Les traiter localement, sans passer par le cloud, c'est à la fois plus rapide et moins énergivore. Mais encore faut-il avoir le hardware pour le faire proprement.
Jusqu'ici, Samsung dépendait beaucoup de Qualcomm et de sa NPU Hexagon pour les performances IA sur mobile. Développer sa propre solution en interne, c'est reprendre la main sur toute la chaîne. (Et accessoirement, éviter de payer des royalties sur chaque puce vendue.)
Pas de miracle attendu, mais un cap franchi
Soyons honnêtes : une NPU dédiée ne va pas transformer du jour au lendemain un Exynos en puce parfaite. Les problèmes de conception passés étaient multiples, et un seul composant ne corrige pas tout. Mais c'est un signal clair que Samsung prend enfin la bonne direction sur ses propres siliciums.
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La vraie question reste de savoir si cette technologie arrivera à maturité assez vite pour rattraper Apple et son A18, ou Qualcomm avec ses futures puces Snapdragon 8 Elite. La course est ouverte. Et cette fois, Samsung joue avec ses propres cartes.